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Les conséquences du retour du Loup dans le Massif central

4) Le retour du Loup dans le Massif central, quelles conséquences ?

4.1 Interaction avec les activités d’élevage

La première conséquence de la recolonisation du Massif central par le Loup est l’impact sur les activités d’élevage.
Comme le montrent les deux cartes ci-dessous, le Massif central concentre une part importante du cheptel bovin et ovin français.

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En 2002, le Massif central représente 1 vache allaitante sur 3. L’élevage bovin constitue une activité essentielle pour ce territoire : il représente 90% des exploitations dans le Cantal et 80% des exploitations en Corrèze.

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Le cheptel ovin laitier se concentre, quant à lui, autour de Roquefort (Aveyron, Tarn, Tarn et Garonne, Lozère, Gard, Hérault Aude). Cette zone correspond à 80 % des volumes de lait de brebis collectés en France.
La surface agricole utile du Massif central correspond à 48% de la surface totale, pourcentage le plus élevé en France. En résumé, 3 orientations herbivores se dégagent du Massif central :
* les bovins-lait dans le nord-est (Haute-Loire et Cantal)
* les bovins-viande dans le nord-ouest (Corrèze, Creuse, Cantal, Aubrac)
* les ovins et caprins dans le sud (Aveyron, Tarn, Lozère, Gard).


Cette spécialisation du Massif central dans l’élevage est un facteur de vulnérabilité à la prédation par le loup.

La présence du loup va forcément entraîner des pertes parmi les ovins et bovins. Ainsi, les statistiques dans les Alpes indiquent que les ongulés domestiques représentent, en moyenne annuelle, entre 8 à 13% du régime alimentaire du loup.
De plus, des attaques sur les bovins sont à prévoir. En effet, les exemples étudiés aux Etats-Unis montrent que lorsque les bovins constituent la majorité du cheptel domestique exposé au risque de prédation, ils en sont aussi les principales victimes. A noter que le nombre d’individus dans une meute étant corrélé à la taille des proies à chasser, les meutes présentes sur le Massif central pourrait atteindre de 8 à 10 individus.

Pour limiter les prédations du loup, les éleveurs vont devoir s’adapter et mettre en place des mesures de protection afin de réduire la durée et l’intensité d’exposition des animaux : gardiennage des animaux, Parcs de regroupement pour la nuit, dissuasion avec des chiens de protection (Patous).

Le plan Loup prévoit d’accompagner financièrement ces investissements. Si l’on regarde la situation actuelle dans les Alpes, on constate que malgré la mise en place de mesure de protection le nombre d’attaque de loup est en augmentation et a occasionné, en 2006, 2500 victimes (pour l’essentiel ovins et caprins, mais aussi des bovins et équins).
En 2007, le montant des dommages indemnisés est estimé à environ 820 000 €. La protection du loup et le respect de la Convention de Berne (19 septembre 1979) et de la Directive européenne 92/43/CEE (21 mai 1992) sont à ce prix.

A noter qu’outre les mesures de protection évoquées, d’autres moyens soumis à une réglementation stricte sont possibles pour prévenir les dégâts de prédation : autorisation d’effarouchement, tir de défense ou encore tirs de prélèvements.


4.2 Interaction avec la chasse

Le loup peut exercer un impact sur les populations d’ongulés sauvages. Le risque de disparition d’espèce est toutefois écarté vu la relative abondance de toutes les espèces.

L’impact du loup est cependant notable sur des proies très vulnérables en zone de montagne. Le mouflon en est un exemple criant. Le retour du Loup dans le Massif central pourrait avoir une influence substantielle sur les effectifs actuels de mouflons. En présence limitée de mouflons, le régime alimentaire du loup se porte préférentiellement sur les chamois et les chevreuils voire sur les cerfs.

Par ailleurs, la présence du loup modifie le comportement et la répartition des ongulés. Il les rend plus craintifs et vigilants. Ceci implique qu’à moyen terme, il serait plus difficile d’observer des ongulés.

4.3 Interaction avec le tourisme et l’activité d’accompagnateur en montagne

La présence du loup sur le Massif central peut constituer une opportunité pour le tourisme. Cela renforce l’image d’un territoire vert, sauvage et préservé. Certains territoires dans les Alpes avec le Loup ou dans les Pyrénées avec l’Ours ont su asseoir leur communication touristique autour de ces animaux emblématiques et ainsi provoqué des retombées économiques pour les acteurs touristiques et agricoles.

Bien qu’une observation de loup par des touristes soit très improbable, l’attrait devrait attirer un public familial nouveau notamment dans les deux parcs à loups du Massif central : Le Parc à loups du Gévaudan (48) et les Loups de Chabrières (23).

L’accompagnateur en montagne peut profiter de cet attrait pour proposer des randonnées à thème sur le loup. Ceci ouvre de nombreuses perspectives en matière de contenu : éducation à l’environnement, biologie du loup, mythologie, contes et légendes, etc…

Seul ombre au tableau pour les accompagnateurs en montagne, la présence de chiens de protection dans les troupeaux obligera à la vigilance pour éviter toute mésaventure avec les clients (morsures) et nécessitera une modification de certains itinéraires empruntés.


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Les relations entre le Loup et l’Homme au fil des siècles
Eradication et retour du Loup


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